Bilan de la lutte contre l’immigration irrégulière à la préfecture des Hautes-Alpes
L'hélicoptère du secours en montagne dépose une famille d'exilé·es au poste frontière à Montgenèvre, le 16 janvier 2021 - ©Baptiste Soubra, Collectif la Faille

Bilan de la lutte contre l’immigration irrégulière à la préfecture des Hautes-Alpes

Le 17 février 2021, la préfecture donnait une conférence de presse pour faire le bilan de l’année 2020 concernant l’intégration et la lutte contre l’immigration irrégulière.

Le bilan dressé par la préfète des Hautes-Alpes, Martine Clavel, fait état d’une diminution des flux d’arrivées des exilés, du fait de la crise sanitaire et des différentes périodes de confinement. Là où en 2019, 1 839 personnes avaient été interpellées par la PAF à la frontière franco-italienne, elles sont 1 540 à avoir été arrêtées en 2020. Pour ce qui est des non-admissions, c’est-à-dire des personnes refoulées vers l’Italie, elles étaient 1 442 en 2020 contre 1 543 en 2019. La préfète est également revenue sur la lutte contre les passeurs : 73 ont été interpellés en 2020, contre une vingtaine en 2019.

L’autre évolution en 2020 concerne les profils des personnes exilées. Alors qu’auparavant la majorité étaient des personnes seules venant d’Afrique subsaharienne, il y a désormais plus de familles, avec une nette augmentation d’exilés provenant d’Afghanistan et d’Iran.

Inquiétudes à la frontière franco-italienne

Mais c’est surtout la situation à la frontière franco-italienne qui a retenu l’attention de tous lors de cette conférence de presse. Martine Clavel est revenue sur les refoulements des personnes exilées, que les associations dénoncent comme étant de plus en plus systématiques et donc contraires au droit. La préfète des Hautes-Alpes est revenue sur cette question en s’appuyant notamment sur le système de Dublin, qui oblige toute personne exilée à déposer sa demande d’asile dans le premier pays européen par lequel elle est passée.

Même chose concernant la question des soins. Par deux fois, les agents de la PAF ont été accusés par les associations de ne pas s’être assuré de l’état de santé des personnes exilées interpellées. Le dernier événement en date étant le refoulement, le week-end dernier, d’une femme enceinte qui a accouché moins de 24h plus tard. On écoute Martine Clavel sur ce point.

Pour rappel, la Convention de Genève de 1951, dont la France est signataire, stipule que « devant la persécution, toute personne a le droit de chercher asile et de bénéficier de l’asile en d’autres pays ».