“Chez Roger” : de la précarité encore et toujours pour les ex-CESAÏ

“Chez Roger” : de la précarité encore et toujours pour les ex-CESAÏ

À Gap, il y a un mois, les occupants du centre social autogéré le CESAÏ, migrants et personnes sans domicile, étaient expulsées du carré de l’imprimerie par les services de la préfecture. Depuis, ils ont élus domicile dans un bâtiment désaffecté baptisé « Chez Roger », en référence au maire de Gap, Roger Didier.

Une vingtaine de mineurs non-accompagnés, une trentaine de personnes « déminorisées » et des mineurs en internat la semaine et sans domicile le weekend, c’est un peu plus d’une cinquantaine d’occupants en moyenne qui habite ce nouveau lieu situé au 3 cours du Vieux Moulin à Gap.

Lors de l’expulsion du CESAÏ, la préfecture avait créé 21 places d’hébergement provisoire au camping Napoléon. Mais certaines des personnes relogées ont renoncé à cette solution, faute de visibilité. C’est ce qu’explique Julie, bénévole chez Roger.

Chez Roger, des bénévoles apportent leur soutien aux occupants. Ce sont de simples citoyens ou des  membres d’organisations comme le Réseau hospitalité. Depuis le confinement, Médecins du Monde intervient également et pourrait maintenir une aide régulière à raison de deux visites par semaine, principalement sur les questions d’hygiène et de santé.

Toujours pas de solution adaptée de la part des autorités

Cette solution reste très précaire et les occupants aimeraient la régulariser. Des pourparlers sont engagés avec les propriétaires du lieu pour trouver un accord. De la part des autorités, les personnes qui encadrent le squat attendent avant tout une prise en compte de la situation telle quelle est, plutôt qu’une politique de l’autruche, indique Julie.

Si certains habitants du quartier sont allés à la rencontre de ceux qui logent « chez Roger » et se montrent compréhensifs, une cohabitation pacifique semble malgré tout compromise. En effet, d’après les occupants, une demande pour couper l’eau et l’électricité aurait été faite, et par ailleurs des riverains ont fait circuler une pétition pour contester l’occupation des lieux.

A priori, sur place, les symptômes d’une crise sociale liée à l’épidémie ne sont pas visibles. Peu de nouvelles arrivées seraient liées à des difficultés financières résultants de la crise sanitaire.

Les encadrants des lieux ont lancé un appel à bonne volonté et aux savoir-faire, chauffagerie, électricité, plomberie, ils sont également à la recherche de mobilier et denrées alimentaires.