GLISSEMENT DE TERRAIN DE LA BELLOTTE : TOUJOURS PAS DE REMÈDE

GLISSEMENT DE TERRAIN DE LA BELLOTTE : TOUJOURS PAS DE REMÈDE

Un versant du Mont Guillaume, sur les hauteurs de la commune d’Embrun, fait l’objet depuis près de 5 ans d’un glissement « lent et massif ». Facteur aggravant il intervient en zone urbanisée. Le terrain en mouvement ayant généré de nombreuses fissures et autres désordres d’ampleur sur les habitations. Et à ce jour il a fallu démollir plusieurs constructions jugées périlleuses, dont un immeuble, et d’autres vont suivre le même chemin. Le sujet a fait l’objet d’une réunion publique lundi (27 octobre). (La RAM y a assisté).

A la tribune : le maire d’Embrun et son adjoint «référent glissement », l’avocat chargé par la commune de défendre la collectivité, et la représentante du service de Restauration des Terrains en Montagne, en charge du suivi technique du glissement de la Bellotte. Dans la salle : 120 personnes duement distanciées et masquées.

L’information venait de tomber : un nouvel arrêté de catastrophe naturelle avait été prononcé samedi dernier. Il concerne notamment la commune d’Embrun et son glissement. Et les habitants qui ont constaté des désordres sur leur habitation ont 10 jours à compter de cette date, soit jusqu’au 2 novembre pour saisir leur compagnie d’assurance, par courrier recommandé avec AR.

Pendant ce temps, le glissement continue d’être analysé par le RTM, qui a déployé de nombreux outils d’observation. Vingt géocubes permettent d’observer les mouvements par voie satellitaire. Dix autres vont venir. 26 piézomètres informent sur la présence d’eau dans les terrains. Les inclinomètres posés initialement ont été cisaillés par le glissement. Tous ces outils et l’évolution des constructions permettent d’observer que le secteur des Fauvettes se stabilise, globalement, mais que le mouvement est désormais plus actif sur le quartier Grand Horizon. Bref, on n’a toujours pas stoppé le glissement.

Des travaux d’étanchéification du canal du périmètre et du torrent de la Bellotte ont été entrepris de mars à juillet sous maîtrise d’ouvrage de la commune, pour un montant d’un million d’euros, aidés à hauteur de 65 %. Toutefois des désordres sont encore constatés et les victimes sont souvent désemparés devant le phénomène et face à des batailles d’experts sans fin.

Maryse Lombardi est administratrice de l’Association du Collectif des Violettes et de la Bellotte. Son habitation continue de se dégrader et dans cette réunion elle n’a pas trouvé les réponses qu’elle attendait.

La mairie avait annoncé le recours à des experts. Mais le collectif des Violettes et de la Bellotte constate que seule le RTM, en la personne de Marie-Pierre Michaud, est à l’oeuvre. Pour Maryse Lombardi il faut aller plus loin.

Pour Chantal Eyméoud ce glissement nécessite en effet le recours à d’autres experts. Elle en convient.

Pendant ce temps des victimes sont désarmées face à des assureurs qui tardent à prendre leur responsabilité, voire s’y refusent. « Ils jouent la montre et cherchent des responsabilités », a-t-il été dit. Ce qui prend beaucoup de temps, et génère beaucoup de désarroi chez les victimes.