La députée Pascale Boyer explique son vote pour la ré-autorisation des néonicotinoïdes “tueurs d’abeilles”
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La députée Pascale Boyer explique son vote pour la ré-autorisation des néonicotinoïdes “tueurs d’abeilles”

En 2016, ils étaient interdits sous l’impulsion de Barbara Pompili alors secrétaire d’Etat à la Biodiversité. En 2017, ils étaient toujours présents dans plus de 10 % des échantillons d’aliments d’origine végétales. Les néonicotinoïdes – insecticide réputé pour être particulièrement meurtriers pour les abeilles – ont été ré-autorisés par l’Assemblée début octobre, avec pour objectif de soutenir l’industrie française de la betterave, dont les rendements de cette saison sont mis à mal par la jaunisse de la betterave. Retour sur ce vote qui a valu à Pascale Boyer, une interpellation de la Confédération Paysanne des Hautes-Alpes.

C’est « un vote particulièrement difficile » ont confessé bon nombre de protagonistes de La République en Marche, Barbara Pompili en tête. Cette mesure fustigée par la gauche et les Verts, l’est aussi localement par la Confédération Paysanne des Hautes-Alpes. Le syndicat agricole, a pris à parti la député haut-alpine Pascale Boyer dans une lettre ouverte, dénonçant un « texte au service d’une filière agro-industrielle qui va pouvoir continuer à fonctionner comme avant et ce en poursuivant la pression aux rendements et aux prix bas pour les paysan.ne.s. »

Pascale Boyer s’en défend, et estime que l’industrie de la betterave sucrière se trouvait dans une impasse.

A proprement parler, le texte de loi ne réintroduit pas les néonicotinoïdes car son utilisation reste soumise à des dérogations, rappelle Pascale Boyer.

Le caractère « ciblé » et « non-volatile » de l’utilisation des semences enrobées est cependant remis en cause par une étude de la revue Science Direct, dont l’auteur explique dans un entretien accordé à Mediapart que les substances nocives des semences enrobées « sont véhiculées (par lixiviation, ou encore) par lessivage, et finissent dans les ruisseaux. […]. L’eau contaminée est le vecteur principal de contamination de tout l’environnement par les néonicotinoïdes. C’est ainsi que sont touchés les invertébrés terrestres et aquatiques »

Sur l’absence d’alternative aux néonicotinoïdes pour la culture de la betterave sucrière, les pertes bien moins importante de rendement dans certaines exploitations en agriculture biologique ou sur des parcelles plus petites ont beaucoup questionné, mais il encore est trop tôt pour établir un lien direct. En revanche, le chercheur au CNRS Jean-Marc Bonmatin, auteur de l’étude parue dans Science Direct estime que les solutions sont à chercher du côté de la « sélection d’espèces plus résistantes pour éviter les dégâts des ravageurs. Et que « Ce sont en fait les combinaisons de techniques agronomiques préventives et curatives ciblées qui sont de bonnes alternatives ». Techniques agronomiques favorisant la lutte biologique et la régénération des sols (haies, compost, diversité de cultures, longues rotations sur les parcelles.

Ces recettes ne peuvent cependant pas être appliquées du jour au lendemain, particulièrement dans les grosses exploitations. C’est pourquoi la Confédération Paysanne appelle le gouvernement à « réguler, maîtriser, répartir et favoriser enfin des solutions plus résilientes pour permettre la transition écologique, plutôt que produire plus. Cette sortie des pesticides nécessite un accompagnement technique et financier des paysans.