Verbalisations hors cadre légal, intervention du PGHM : “Mais que fait la Police Aux Frontières” ?
L'hélicoptère du secours en montagne dépose une famille d'exilé·es au poste frontière, Montgenèvre, 16/01/2021 - ©Baptiste Soubra, Collectif la Faille

Verbalisations hors cadre légal, intervention du PGHM : “Mais que fait la Police Aux Frontières” ?

« Mais que fait la police aux frontières ? », c’est la question que se posent les maraudeurs et au-delà, suite à une intervention coordonnée de la PAF et du PGHM samedi dernier pour intercepter des exilés qui tentaient de franchir la frontière en haute-montagne samedi dernier.

Habituellement lorsqu’un hélicoptère du PGHM porte secours à des personnes, il s’envole vers l’hôpital de Briançon. Cette fois-ci, il a déposé ses passagers au poste de la PAF de Montgenèvre, la Police Aux Frontières.

En effet samedi dernier, la PAF a intercepté un groupe de 4 exilés – deux adultes, un enfant et un nourrisson – qui évoluaient à plus de 2000m d’altitude dans une zone difficile d’accès sur la commune de Montgenèvre. LA PAF a donc sollicité l’intervention du PGHM pour héliporter le groupe au poste sans passer par la case « soins ».

« Il est impossible d’estimer l’état de santé d’un nourrisson à l’intérieur d’un hélicoptère » assure Justine Wyts, médecin généraliste bénévole maraudeuse pour Médecins du Monde, qui a assisté à la scène. « Ils auraient du être emmenés à l’hôpital ! D’ailleurs ils l’auraient sûrement été s’ils n’étaient pas exilés » estime la Justine Wyts.

Will effectuait une maraude à Montgenèvre ce jour-là, il raconte.

Contactée par la rédaction, la préfecture assure qu’ « un médecin mandaté par le SMUR, le service médical d’urgence et de réanimation, a examiné l’ensemble des personnes et [que] leur état de santé ne nécessitait pas d’hospitalisation. Une décision de non-admission leur a été notifiée, mais elles ont refusé d’être prises en charge par les autorités italiennes venues les récupérer. Après audition des adultes, l’autorité préfectorale leur a notifié une Obligation de Quitter le Territoire Français ».

Le Collectif Maraude du Briançonnais voit dans cette intervention « une nouvelle escalade du gouvernement français dans le mépris des droits fondamentaux et la mise en danger des personnes exilées »

Nouvelle escalade, car pour se soustraire aux contrôles des forces de l’ordre, les exilés empruntent des chemins de plus en plus dangereux. Nouvelle escalade également de la tension dans les relations entre maraudeurs et policiers, qui selon le Collectif Maraude du Briançonnais, ont verbalisé des maraudeurs en dehors de tout cadre légal. Témoignage.

“Si c’est pas du harcèlement policier, je sais pas ce que c’est”

Sur ces amendes remises aux maraudeurs la préfecture commentent dans une sorte de “ni oui ni non” que « les salariés et bénévoles peuvent se déplacer entre 18h et 6h pour l’aide aux personnes précaires en présentant une attestation professionnelle fournie par l’association. Il appartient à l’autorité de police verbalisatrice d’apprécier la validité des documents qui lui sont présentés ».

Il appartiendra à présent à la préfète d’accepter la demande des avocats de Tous Migrants, qui ont adressé une lettre à Martine Clavel et au procureur de Gap, pour contester ces verbalisations et demander une remise gracieuse.

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