Montgenèvre : une nouvelle maraude fait polémique
Un groupe de personnes exilées conduit au poste frontière, Montgenèvre, le 16 janvier 2021 - ©Juliette Pascal

Montgenèvre : une nouvelle maraude fait polémique

À Montgenèvre pour accompagner les maraudeurs les 13 et 14 février, l’eurodéputé Damien Carême, également maire de Grande-Synthe, a communiqué sur une maraude qui a fait polémique. En cause : les policiers ont refoulé une femme enceinte vers l’Italie, sans s’assurer de son état de santé.

C’est une nouvelle maraude qui pose question quant aux pratiques de la police aux frontières à Montgenèvre, sur laquelle Damien Carême a communiqué ce week-end sur son compte Twitter. Alors que l’eurodéputé était en train d’accompagner les maraudeurs en montagne dans la nuit de vendredi à samedi, Damien Carême est informé qu’un groupe d’exilés vient d’arriver au poste de la police de l’air et des frontières. Il s’agit d’une famille d’afghans.

Après avoir plusieurs fois demandé à rencontrer la famille sans succès, Damien Carême parvient à pénétrer dans les locaux pour visiter les cellules. Mais la famille ne s’y trouve pas puisqu’elle est dans le même temps auditionné par les policiers. De son côté, le président de Médecins du monde, qui accompagne Damien Carême, n’est pas autorisé à rencontrer la famille malgré le fait qu’il soit apte à juger de leur état de santé. Quelques heures plus tard, les policiers décident que la famille afghane n’est pas admise sur le territoire français car ils n’ont pas de papiers.

Ce n’est que le lendemain que Damien Carême apprend que la femme était sur le point d’accoucher.

Cette intervention de la PAF interroge, car il est de la responsabilité des policiers de s’assurer de l’état de santé des personnes interpellées, comme l’explique Philippe de Botton, président de Médecins du monde.

Instructions claires ?

L’urgence donc, selon Philippe de Botton, était d’évaluer l’état de santé de la mère et la transporter à l’hôpital le plus proche, c’est-à-dire celui de Briançon, à 20 minutes, plutôt que celui de Rivoli situé à 1h30 de route, en Italie.

Il y a un mois, un événement similaire avait eu lieu, lorsqu’un hélicoptère du PGHM avait déposé un groupe d’exilés, comprenant un nourrisson, au poste de la PAF à Montgnèvre. Au vu des risques d’hypothermie pour le bébé, ils auraient dû, là encore, les déposer à l’hôpital de Briançon. La récurrence de ces pratiques démontre, toujours d’après Philippe de Botton, que des instructions très claires émanent du gouvernement pour refouler systématiquement les exilés, sans tenir compte de leur état de santé.

Les eurodéputés et les sénateurs français accompagneront les maraudeurs en montagne tous les week-end jusqu’à la fin de mois de mars.

Cet article a 1 commentaire

Les commentaires sont fermés.