Saint Martin de Queyrière : la SEVE veut turbiner son réseau d’eau potable pour produire de l’électricité

Saint Martin de Queyrière : la SEVE veut turbiner son réseau d’eau potable pour produire de l’électricité

Voilà maintenant trois ans que la Société d’Economie Mixte Locale, la SEVE pour (Soleil Eau Vent Energie) travaille sur un projet de turbinage d’eau potable sur la commune de Saint Martin de Queyrière. La société implantée dans le grand briançonnais et détenue à 65 % par des collectivités locales a déposé début octobre le dossier de demande d’autorisation aux services de l’État pour la réalisation de cet ouvrage. Un pas de plus dans la transition énergétique souhaitée par son président, Pierre Leroy, également président du PETR du Grand Briançonnais (Pôle d’Equilibre Territorial et Rural).

La mission que s’est fixée la SEVE est concrète : atteindre l’autonomie énergétique du territoire, avec une production 100 % constituée d’énergies renouvelables. Mais il y a un point sur lequel le président de la SEVE Pierre Leroy insiste, c’est que pour atteindre cet objectif, avant de produire plus, il faut s’atteler à consommer moins.

Négawatt, du nom de l’association qui réunit 26 chercheurs spécialisés dans différents domaines faisant intervenir l’énergie qui ont conçu un scénario de transition vers une énergie 100 % renouvelable à l’horizon 2050. Un scénario qui s’appuie avant tout sur une consommation énergétique globale divisée par 2 en 2050 et dont 60 % de cette baisse est liée à la sobriété, en travaillant par exemple sur la réduction de l’éclairage public et 40 % au principe d’efficacité, dont une mesure phare est la rénovation thermique des bâtiments.

Une fois les besoins énergétiques réduits, l’association Négawatt estime qu’il restera tout de même 800TWh à produire annuellement en France. Une production qui devra être à 100 % issu d’énergies renouvelables, et c’est là que la SEVE intervient. La société compte compte tutoyer le GWh d’énergie produite en 2020. Si les projets de turbinage de l’eau potable à Puy-Saint-André et Saint Martin de Queyrière aboutissent, pourrait encore multiplier par 2,5 la production actuelle. Le tout avec une énergie « propre », ou « presque propre ».

D’autres installations de ce type existent en France y compris sur les eaux usées, mais elles sont plus complexes à mettre en œuvre et nécessitent plus d’entretien et de main-d’oeuvre.

Pour la commune de Saint-Martin-de-Queyrière, un dossier de demande d’autorisation a été déposé début octobre 2020, si tout se déroule comme prévu, « on peut espérer que les travaux démarrent à la fin de l’été 2021 » indique Pierre Leroy.