Deux militants placés en garde-à-vue à la suite d’une maraude à Montgenèvre
Un groupe de personnes exilées conduit au poste frontière, Montgenèvre, le 16 janvier 2021 - ©Juliette Pascal

Deux militants placés en garde-à-vue à la suite d’une maraude à Montgenèvre

Dans la nuit du 20 au 21 mars 2021, deux bénévoles de Tous migrants et de la Confédération paysanne ont été interpelés et placés en garde-à-vue alors qu’ils étaient en maraude. Ils ont été relâchés le 22 mars en fin de matinée.

Les militants de l’association Tous migrants et de la Confédération paysanne ont été relâché le 22 mars en fin de matinée, après avoir passé près de 35h en garde-à-vue. Interpelés par la police de l’air et des frontières dans la nuit de samedi à dimanche alors qu’ils étaient en maraude et accompagnés de plusieurs personnes exilées, ils ont été emmené au poste de la PAF, à Montgenèvre, et ont été placés en garde-à-vue pour « aide à l’entrée d’étrangers en situation irrégulière sur le territoire ». L’un d’eux, Laurent Thérond, un viticulteur du Vaucluse et membre de la Confédération paysanne, revient sur les faits.

Accusés d’être des passeurs, les militants se retrouvent dans les locaux de la PAF à Montgenèvre. Dimanche, leur garde-à-vue a été prolongée de 24h sur décision du procureur de la République, Florent Crouhy, notamment car les agents de la PAF ne parvenaient pas à joindre leurs avocats, comme le raconte Laurent Thérond.

Versions contradictoires

Deux versions s’opposent donc. D’un côté, celle du parquet de Gap, qui a confirmé que deux personnes avaient été interpelées en flagrant délit d’« aide à l’entrée d’étrangers en situation irrégulière sur le territoire ». De l’autre, celles des associations, à commencer par Tous migrants et la Confédération paysanne, qui assurent que les maraudes sont effectuées uniquement sur le territoire français. Les bénévoles auraient donc rencontré les exilés en France et ne les auraient pas aidé à passer la frontière. Bénévole de l’association Tous Migrants, Marianne Chaud voit là une façon d’assimiler les maraudeurs aux passeurs pour les criminaliser et les décridibiliser.

Détourner l’attention ?

Ces garde-à-vue interviennent alors que depuis le début de l’hiver, les maraudeurs dénoncent une multiplication des verbalisations abusives par les agents de la PAF à la frontière franco-italienne. Selon Marianne Chaud, ces interpellations servent également à détourner l’attention des médias et de l’opinion publique de la question, plus grave, de la politique migratoire européenne.

Même si les gardes-à-vue ont été levées, le procureur de la République, Florent Crouhy, a fait savoir que l’enquête allait se poursuivre. En ce qui concerne les exilés interpelés en même temps que les militants, ils ont été reconduits en Italie dimanche matin.